Pourquoi les enfants HPI semblent-ils « zapper » ?
En général, développer un talent demande du temps et de la persévérance. Mais comment réagir quand notre enfant est manifestement doué dans un domaine mais qu’il se passionne rapidement pour autre chose ? Ce côté zappeur peut être frustrant pour nous parents, surtout quand notre enfant est haut-potentiel intellectuel (HPI) et qu’il a des facilités. C’est pourquoi nous avons tenu à inviter Jeanne Siaud-Facchin à répondre à nos questions. Jeanne est LA spécialiste française des enfants HPI depuis plus de 30 ans et elle a accompagné des milliers de familles dans une meilleure compréhension du haut-potentiel.
Pourquoi les enfants HPI semblent-ils « zapper » d’une activité à l’autre ?
Je ne suis pas très confortable avec ce terme de zappeur. Je dirais plutôt qu’ils ont un fonctionnement marqué par une forme d’intensité dans la curiosité : un engagement à fond dans tous les sujets auxquels ils vont s’intéresser, une forme d’appétence pour apprendre, comprendre et aller jusqu’au bout des choses. Ça peut conduire les enfants HPI à développer une espèce de boulimie de découvertes : « le tennis, c’était sympa, j’avais vraiment envie d’en faire, je me suis bien amusée ! Est-ce que je peux essayer le rugby, maintenant ? » Et ça, ça peut être perçu comme de la dispersion parce que tout est intéressant dans la vie ! Mais ce n’est pas du zapping, où on change pour changer, c’est une forte envie de tester, essayer et découvrir.
Que dire aux parents qui pourraient être frustrés par ce qu’ils perçoivent comme de la dispersion ?
Attendre que son enfant de 7, 8 ou 9 ans ne choisisse qu’une activité, c’est une idée d’adulte ! Par définition, un enfant est en train de grandir, de se développer, c’est normal qu’il n’ait pas encore de goût précis. Mais il y a autre chose qui m’agace sincèrement. Aujourd’hui, vous le savez, on parle énormément de tous ces enfants qui sont multi-atypiques et on a du mal à comprendre qu’un enfant peut être simplement à haut potentiel, sans avoir un trouble associé, comme un TDAH avec ou sans hyperactivité. Un enfant HPI a juste besoin de tester, de s’amuser et de goûter à plein de choses dans la vie. Ce n’est pas du zapping ou un trouble de l’attention, c’est vraiment une espèce d’élan vital !
La frustration des parents face à la dispersion
Comment comprendre alors cette frustration parentale ?
Je pense qu’il y a une peur des parents, une inquiétude face à la sensation que leur enfant ne se fixera jamais sur une activité ou n’ira jamais jusqu’au bout. Après, il y a aussi des enfants HPI qui n’ont pas du tout cette appétence pour faire mille choses et qui vont au contraire se focaliser sur une chose. Et là, l’autre risque par rapport à tous ces multi-diagnostics dont je parlais juste avant, c’est qu’on l’interprète par un trouble de l’autisme. On se dit « Ah mais il est à fond sur la mécanique, il ne s’intéresse qu’à ça, c’est qu’il doit être autiste ». Non ! Il y a vraiment les deux facettes : les enfants HPI qui sont dans une frénésie de découvertes, d’envies et de plaisir à se tester (parce qu’on ne teste pas son corps de la même façon au tennis, au rugby, au patinage artistique, à la danse ou au yoga). Et il y a les enfants HPI qui ont un intérêt très exclusif pour un domaine de compétence. Il n’y a pas forcément de troubles de l’attention ou du spectre autistique. Mais ça peut aussi être présent, d’où l’importance de faire des diagnostics différentiels.
Comparer son enfant à soi : un piège fréquent
Cette peur dont vous parlez, est-ce qu’elle ne se nourrit pas de la comparaison avec notre propre enfance ? Des parents qui ont fait 8 ans de conservatoire ou du sport en compétition peuvent être déstabilisés de voir leur enfant recommencer à zéro une nouvelle activité tous les ans !
Dans ce genre de situation, j’ai une question un peu provocante pour eux : « est ce que ça vous a rendu heureux ? » Si oui, c’est formidable pour vous. Mais est-ce que vous pensez que ça pourrait rendre votre enfant heureux ? Ben non puisque ce qu’il aime, lui, c’est changer tout le temps. Chaque individu est fondamentalement différent ! Je ne veux pas faire de généralités, mais un enfant qui a fait 10 ans de conservatoire, soit il l’a fait par passion extrême et c’était vraiment son truc, soit il l’a fait pour se soumettre à un modèle familial. Et même s’il a fini par y trouver du plaisir, c’était d’abord une contrainte et il n’avait pas le choix. Après, il peut y avoir mille possibilités, mille histoires différentes !
Comment accompagner la curiosité des enfants HPI
Revenons à cette grande appétence, cette boulimie de découvertes dont vous parliez tout à l’heure. Quels conseils donneriez-vous aux parents pour accompagner cela de façon constructive ?
Ce qui est important, si on prend l’exemple d’activités extra-scolaires, c’est que l’enfant aille jusqu’au bout de son appétence. C’est-à-dire qu’il prenne à la fois la mesure du plaisir qu’il peut en retirer et des contraintes que ça contient. C’est comme tout dans la vie : il y a un moment d’apprentissage qui est forcément douloureux. Faire du vélo, c’est génial. Mais apprendre à faire du vélo, c’est compliqué ! C’est douloureux pour l’enfant ET pour le parent qui court à côté du vélo. C’est important que l’enfant puisse se confronter à ses stades d’apprentissage et être pleinement satisfait de lui-même, c’est-à-dire de pas rester en superficie des choses. Sinon, ce n’est pas tester des activités, c’est survoler des choses et ça n’a aucun intérêt pour lui. Aujourd’hui, toutes les études montrent que se sentir heureux et compétent, il faut pouvoir se focaliser à fond sur quelque chose. Après, l’un n’empêche pas l’autre : on peut être à fond dans une activité pendant un an ou deux, puis choisir de passer à une autre. L’enjeu pour les parents, c’est de comprendre que ce n’est pas du caprice, ce n’est pas un truc de touche-à-tout, « j’en n’ai rien à faire et je m’arrête au moindre effort ».
Les idées reçues sur le haut potentiel intellectuel
Et-ce que cette compréhension des enfants HPI avance au même rythme que l’évolution des représentations sur la douance ? Il y a quelques décennies, on parlait encore de surdoués, puis de zèbres. Existe-t-il encore des clichés persistants ?
Quand j’ai commencé à m’intéresser au sujet dans les années 80, on était dans une perception des enfants surdoués, comme on les appelait alors : des petits génies à lunettes qui étaient doués partout et qui n’avaient strictement pas besoin qu’on s’intéresse à leur mode de fonctionnement, quel qu’il soit. Et puis on s’est penché de plus près sur le sujet, parce que la psychologie et les neurosciences nous ont donné la possibilité de mieux comprendre l’intelligence et le fonctionnement cognitif de ces enfants. On sait aujourd’hui que les connexions neuronales se font beaucoup plus rapidement, que les hémisphères cérébraux sont beaucoup plus connectés, que les vitesses de traitement de l’information sont beaucoup plus rapides. Donc tout ça fait qu’un enfant HPI est bombardé d’informations en permanence et à cause de ça, il se sent souvent seul et en décalage. Il faut en finir avec cette représentation du petit génie, premier de classe, l’enfant HPI est beaucoup plus complexe, avec des aspérités qu’il est important de mieux saisir pour pouvoir s’ajuster dans l’éducation affective parentale et dans les apprentissages scolaires.
Grâce à Cogitose, vous avez aidé des milliers de familles à mieux gérer le haut-potentiel de leur(s) enfant(s). Quelle a été votre approche durant toutes ces années ?
Alors chaque histoire est unique, chaque enfant est différent et chaque enfant est d’abord un enfant, c’est important de le rappeler. Moi, mon grand truc, c’est comprendre cet enfant dans le contexte qui est le sien, dans sa famille et dans son parcours. C’est pour cela qu’il ne faut pas seulement évaluer l’intelligence et les aspects cognitifs, mais faire un bilan intégratif, c’est-à-dire aborder et comprendre le fonctionnement de la personnalité pour avoir une image globale de l’enfant HPI. Parce que si on ne regarde que par un petit bout de la lorgnette, on peut passer complètement à côté de sa personnalité et de l’histoire qui est la sienne.
Une approche globale pour accompagner les enfants HPI
Grâce à Cogitose, vous avez aidé des milliers de familles à mieux gérer le haut-potentiel de leur(s) enfant(s). Quelle a été votre approche durant toutes ces années ?
Alors chaque histoire est unique, chaque enfant est différent et chaque enfant est d’abord un enfant, c’est important de le rappeler. Moi, mon grand truc, c’est comprendre cet enfant dans le contexte qui est le sien, dans sa famille et dans son parcours. C’est pour cela qu’il ne faut pas seulement évaluer l’intelligence et les aspects cognitifs, mais faire un bilan intégratif, c’est-à-dire aborder et comprendre le fonctionnement de la personnalité pour avoir une image globale de l’enfant HPI. Parce que si on ne regarde que par un petit bout de la lorgnette, on peut passer complètement à côté de sa personnalité et de l’histoire qui est la sienne.
La pression de réussite : un risque pour les enfants HPI
Peut-il arriver que des parents développent, consciemment ou pas, une pression de réussite sur leur enfant quand ils découvrent qu’il est HPI ?
Alors il y a une réaction que j’ai souvent entendue chez les parents et qui me fait hérisser les poils, c’est quand j’entends « il est en train de tout gâcher », comme s’il avait une obligation de résultat ! Oui cet enfant a du talent et beaucoup de possibilités, mais ce qui est important, c’est qu’il soit aligné avec ce qu’il est. Ce n’est pas parce qu’il est doué qu’il doit absolument atteindre tel ou tel objectif, fixé par les parents. Il va atteindre les siens à partir du moment où on les respecte. Tous les enfants aiment réussir, tous les enfants aiment se sentir compétents dans ce qu’ils font, qu’ils soient HPI ou non. Mais la pression peut avoir exactement l’effet inverse : plus on appuie, plus ça freine, plus ça résiste. C’est pour ça qu’il est important d’accompagner avec bienveillance, d’avoir un regard authentique sur qui est cet enfant, de se demander comment faire pour qu’il puisse déployer ses talents en fonction de ce qu’il aime. Parce qu’on peut avoir des talents et ne pas forcément avoir envie de les développer. On peut avoir l’oreille absolue et préférer faire du foot ! Les parents n’ont pas à s’accomplir à travers la réussite de leurs enfants.
Qui est Jeanne Siaud-Facchin ?
MINI BIO
Jeanne Siaud-Facchin est psychologue clinicienne et psychothérapeute. Ancienne attachée aux hôpitaux de Paris et de Marseille, elle a apporté une contribution décisive dans la compréhension et l’accompagnement des enfants, adolescents et adultes haut-potentiels. Il y a 25 ans, elle a fondé Cogito’Z, le premier centre en France dédié à la consultation psychologique intégrative, offrant des bilans psychologiques multidimensionnels, des prises en charge spécialisées et des thérapies innovantes. Elle a également créé l’association Zebra Alternative qui reçoit des adolescents en rupture scolaire et de vie, pour les remettre dans leur dynamique de réussite.
www.cogitoz.com / www.associationzebra.fr
Maillage interne
On peut avoir l’oreille absolue et préférer faire du foot ! – Enfants HPI et curiosité
Pourquoi les enfants HPI semblent-ils « zapper » ?
En général, développer un talent demande du temps et de la persévérance. Mais comment réagir quand notre enfant est manifestement doué dans un domaine mais qu’il se passionne rapidement pour autre chose ? Ce côté zappeur peut être frustrant pour nous parents, surtout quand notre enfant est haut-potentiel intellectuel (HPI) et qu’il a des facilités. C’est pourquoi nous avons tenu à inviter Jeanne Siaud-Facchin à répondre à nos questions. Jeanne est LA spécialiste française des enfants HPI depuis plus de 30 ans et elle a accompagné des milliers de familles dans une meilleure compréhension du haut-potentiel.
Pourquoi les enfants HPI semblent-ils « zapper » d’une activité à l’autre ?
Je ne suis pas très confortable avec ce terme de zappeur. Je dirais plutôt qu’ils ont un fonctionnement marqué par une forme d’intensité dans la curiosité : un engagement à fond dans tous les sujets auxquels ils vont s’intéresser, une forme d’appétence pour apprendre, comprendre et aller jusqu’au bout des choses. Ça peut conduire les enfants HPI à développer une espèce de boulimie de découvertes : « le tennis, c’était sympa, j’avais vraiment envie d’en faire, je me suis bien amusée ! Est-ce que je peux essayer le rugby, maintenant ? » Et ça, ça peut être perçu comme de la dispersion parce que tout est intéressant dans la vie ! Mais ce n’est pas du zapping, où on change pour changer, c’est une forte envie de tester, essayer et découvrir.
Que dire aux parents qui pourraient être frustrés par ce qu’ils perçoivent comme de la dispersion ?
Attendre que son enfant de 7, 8 ou 9 ans ne choisisse qu’une activité, c’est une idée d’adulte ! Par définition, un enfant est en train de grandir, de se développer, c’est normal qu’il n’ait pas encore de goût précis. Mais il y a autre chose qui m’agace sincèrement. Aujourd’hui, vous le savez, on parle énormément de tous ces enfants qui sont multi-atypiques et on a du mal à comprendre qu’un enfant peut être simplement à haut potentiel, sans avoir un trouble associé, comme un TDAH avec ou sans hyperactivité. Un enfant HPI a juste besoin de tester, de s’amuser et de goûter à plein de choses dans la vie. Ce n’est pas du zapping ou un trouble de l’attention, c’est vraiment une espèce d’élan vital !
La frustration des parents face à la dispersion
Comment comprendre alors cette frustration parentale ?
Je pense qu’il y a une peur des parents, une inquiétude face à la sensation que leur enfant ne se fixera jamais sur une activité ou n’ira jamais jusqu’au bout. Après, il y a aussi des enfants HPI qui n’ont pas du tout cette appétence pour faire mille choses et qui vont au contraire se focaliser sur une chose. Et là, l’autre risque par rapport à tous ces multi-diagnostics dont je parlais juste avant, c’est qu’on l’interprète par un trouble de l’autisme. On se dit « Ah mais il est à fond sur la mécanique, il ne s’intéresse qu’à ça, c’est qu’il doit être autiste ». Non ! Il y a vraiment les deux facettes : les enfants HPI qui sont dans une frénésie de découvertes, d’envies et de plaisir à se tester (parce qu’on ne teste pas son corps de la même façon au tennis, au rugby, au patinage artistique, à la danse ou au yoga). Et il y a les enfants HPI qui ont un intérêt très exclusif pour un domaine de compétence. Il n’y a pas forcément de troubles de l’attention ou du spectre autistique. Mais ça peut aussi être présent, d’où l’importance de faire des diagnostics différentiels.
Comparer son enfant à soi : un piège fréquent
Cette peur dont vous parlez, est-ce qu’elle ne se nourrit pas de la comparaison avec notre propre enfance ? Des parents qui ont fait 8 ans de conservatoire ou du sport en compétition peuvent être déstabilisés de voir leur enfant recommencer à zéro une nouvelle activité tous les ans !
Dans ce genre de situation, j’ai une question un peu provocante pour eux : « est ce que ça vous a rendu heureux ? » Si oui, c’est formidable pour vous. Mais est-ce que vous pensez que ça pourrait rendre votre enfant heureux ? Ben non puisque ce qu’il aime, lui, c’est changer tout le temps. Chaque individu est fondamentalement différent ! Je ne veux pas faire de généralités, mais un enfant qui a fait 10 ans de conservatoire, soit il l’a fait par passion extrême et c’était vraiment son truc, soit il l’a fait pour se soumettre à un modèle familial. Et même s’il a fini par y trouver du plaisir, c’était d’abord une contrainte et il n’avait pas le choix. Après, il peut y avoir mille possibilités, mille histoires différentes !
Comment accompagner la curiosité des enfants HPI
Revenons à cette grande appétence, cette boulimie de découvertes dont vous parliez tout à l’heure. Quels conseils donneriez-vous aux parents pour accompagner cela de façon constructive ?
Ce qui est important, si on prend l’exemple d’activités extra-scolaires, c’est que l’enfant aille jusqu’au bout de son appétence. C’est-à-dire qu’il prenne à la fois la mesure du plaisir qu’il peut en retirer et des contraintes que ça contient. C’est comme tout dans la vie : il y a un moment d’apprentissage qui est forcément douloureux. Faire du vélo, c’est génial. Mais apprendre à faire du vélo, c’est compliqué ! C’est douloureux pour l’enfant ET pour le parent qui court à côté du vélo. C’est important que l’enfant puisse se confronter à ses stades d’apprentissage et être pleinement satisfait de lui-même, c’est-à-dire de pas rester en superficie des choses. Sinon, ce n’est pas tester des activités, c’est survoler des choses et ça n’a aucun intérêt pour lui. Aujourd’hui, toutes les études montrent que se sentir heureux et compétent, il faut pouvoir se focaliser à fond sur quelque chose. Après, l’un n’empêche pas l’autre : on peut être à fond dans une activité pendant un an ou deux, puis choisir de passer à une autre. L’enjeu pour les parents, c’est de comprendre que ce n’est pas du caprice, ce n’est pas un truc de touche-à-tout, « j’en n’ai rien à faire et je m’arrête au moindre effort ».
Les idées reçues sur le haut potentiel intellectuel
Et-ce que cette compréhension des enfants HPI avance au même rythme que l’évolution des représentations sur la douance ? Il y a quelques décennies, on parlait encore de surdoués, puis de zèbres. Existe-t-il encore des clichés persistants ?
Quand j’ai commencé à m’intéresser au sujet dans les années 80, on était dans une perception des enfants surdoués, comme on les appelait alors : des petits génies à lunettes qui étaient doués partout et qui n’avaient strictement pas besoin qu’on s’intéresse à leur mode de fonctionnement, quel qu’il soit. Et puis on s’est penché de plus près sur le sujet, parce que la psychologie et les neurosciences nous ont donné la possibilité de mieux comprendre l’intelligence et le fonctionnement cognitif de ces enfants. On sait aujourd’hui que les connexions neuronales se font beaucoup plus rapidement, que les hémisphères cérébraux sont beaucoup plus connectés, que les vitesses de traitement de l’information sont beaucoup plus rapides. Donc tout ça fait qu’un enfant HPI est bombardé d’informations en permanence et à cause de ça, il se sent souvent seul et en décalage. Il faut en finir avec cette représentation du petit génie, premier de classe, l’enfant HPI est beaucoup plus complexe, avec des aspérités qu’il est important de mieux saisir pour pouvoir s’ajuster dans l’éducation affective parentale et dans les apprentissages scolaires.
Grâce à Cogitose, vous avez aidé des milliers de familles à mieux gérer le haut-potentiel de leur(s) enfant(s). Quelle a été votre approche durant toutes ces années ?
Alors chaque histoire est unique, chaque enfant est différent et chaque enfant est d’abord un enfant, c’est important de le rappeler. Moi, mon grand truc, c’est comprendre cet enfant dans le contexte qui est le sien, dans sa famille et dans son parcours. C’est pour cela qu’il ne faut pas seulement évaluer l’intelligence et les aspects cognitifs, mais faire un bilan intégratif, c’est-à-dire aborder et comprendre le fonctionnement de la personnalité pour avoir une image globale de l’enfant HPI. Parce que si on ne regarde que par un petit bout de la lorgnette, on peut passer complètement à côté de sa personnalité et de l’histoire qui est la sienne.
Une approche globale pour accompagner les enfants HPI
Grâce à Cogitose, vous avez aidé des milliers de familles à mieux gérer le haut-potentiel de leur(s) enfant(s). Quelle a été votre approche durant toutes ces années ?
Alors chaque histoire est unique, chaque enfant est différent et chaque enfant est d’abord un enfant, c’est important de le rappeler. Moi, mon grand truc, c’est comprendre cet enfant dans le contexte qui est le sien, dans sa famille et dans son parcours. C’est pour cela qu’il ne faut pas seulement évaluer l’intelligence et les aspects cognitifs, mais faire un bilan intégratif, c’est-à-dire aborder et comprendre le fonctionnement de la personnalité pour avoir une image globale de l’enfant HPI. Parce que si on ne regarde que par un petit bout de la lorgnette, on peut passer complètement à côté de sa personnalité et de l’histoire qui est la sienne.
La pression de réussite : un risque pour les enfants HPI
Peut-il arriver que des parents développent, consciemment ou pas, une pression de réussite sur leur enfant quand ils découvrent qu’il est HPI ?
Alors il y a une réaction que j’ai souvent entendue chez les parents et qui me fait hérisser les poils, c’est quand j’entends « il est en train de tout gâcher », comme s’il avait une obligation de résultat ! Oui cet enfant a du talent et beaucoup de possibilités, mais ce qui est important, c’est qu’il soit aligné avec ce qu’il est. Ce n’est pas parce qu’il est doué qu’il doit absolument atteindre tel ou tel objectif, fixé par les parents. Il va atteindre les siens à partir du moment où on les respecte. Tous les enfants aiment réussir, tous les enfants aiment se sentir compétents dans ce qu’ils font, qu’ils soient HPI ou non. Mais la pression peut avoir exactement l’effet inverse : plus on appuie, plus ça freine, plus ça résiste. C’est pour ça qu’il est important d’accompagner avec bienveillance, d’avoir un regard authentique sur qui est cet enfant, de se demander comment faire pour qu’il puisse déployer ses talents en fonction de ce qu’il aime. Parce qu’on peut avoir des talents et ne pas forcément avoir envie de les développer. On peut avoir l’oreille absolue et préférer faire du foot ! Les parents n’ont pas à s’accomplir à travers la réussite de leurs enfants.
Qui est Jeanne Siaud-Facchin ?
MINI BIO
Jeanne Siaud-Facchin est psychologue clinicienne et psychothérapeute. Ancienne attachée aux hôpitaux de Paris et de Marseille, elle a apporté une contribution décisive dans la compréhension et l’accompagnement des enfants, adolescents et adultes haut-potentiels. Il y a 25 ans, elle a fondé Cogito’Z, le premier centre en France dédié à la consultation psychologique intégrative, offrant des bilans psychologiques multidimensionnels, des prises en charge spécialisées et des thérapies innovantes. Elle a également créé l’association Zebra Alternative qui reçoit des adolescents en rupture scolaire et de vie, pour les remettre dans leur dynamique de réussite.
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