COMPRENDRE LES DYS
Ils regroupent plusieurs dysfonctionnements neurodéveloppementaux, affectant les apprentissages fondamentaux : dyslexie (lecture), dysgraphie (écriture), dyscalculie (calcul), dyspraxie (coordination gestuelle), dysphasie (langage oral) et dysorthographie (orthographe). Mais ces troubles d’origine neurobiologique n’affectent pas l’intelligence générale.
Les causes neurologiques
Elles sont issues de différences observées dans l’organisation, l’activation et les connexions de certaines zones cérébrales impliquées dans le traitement de l’information. Par exemple, les réseaux neuronaux liés à la reconnaissance visuelle et auditive (comme le gyrus fusiforme et le sillon temporal supérieur en dyslexie), la coordination motrice et à l’intégration sensorielle (cortex pariétal, cervelet en dyspraxie), ou encore la manipulation des nombres (sillon intrapariétal en dyscalculie). Conséquences : le cerveau peine à automatiser certaines tâches, même après leur apprentissage, ce qui occasionne un coût cognitif important et permanent, entraînant un état d’épuisement récurrent.
Signaux d’alerte
Petite enfance (3-6 ans)
Retard de parole, difficultés à retenir comptines et chansons, problèmes de coordination motrice, confusion droite-gauche persistante, difficultés à manipuler crayons et ciseaux, troubles de l’attention lors des activités nécessitant de la précision.
Âge scolaire (6-12 ans)
Lecture hésitante avec inversions de lettres (b/d, p/q), erreurs d’orthographe massives non corrigées par la relecture, écriture lente et illisible, difficultés en calcul mental, problèmes de copie au tableau, fatigabilité importante lors des tâches scolaires, évitement des activités d’écriture.
Adolescence/âge adulte
Lecture lente malgré la compréhension, orthographe défaillante persistante, difficultés de prise de notes, problèmes d’organisation spatio-temporelle, évitement des métiers impliquant lecture/écriture intensive, stratégies de contournement développées.
Défis du quotidien
À l’école
Les apprentissages fondamentaux deviennent source d’anxiété car ils mobilisent en permanence toute l’attention. Chaque mot lu, chaque calcul effectué représente un effort cognitif intense là où les autres élèves ont automatisé ces processus. La prise de notes est laborieuse, les évaluations écrites ne reflètent pas les connaissances réelles, les devoirs prennent un temps disproportionné. Cette fatigue cognitive constante explique les difficultés de concentration en fin de journée et l’épuisement ressenti.
À la maison
Les devoirs génèrent tensions familiales et épuisement car ils nécessitent une double charge mentale : comprendre le contenu ET gérer la difficulté technique (lire, écrire, calculer). Les tâches simples comme lire un énoncé ou écrire une liste deviennent compliquées par ce coût attentionnel permanent. L’enfant arrive « vidé » après une journée où chaque acte scolaire a demandé un effort conscient maximal.
Vie sociale
Difficultés à lire les messages, écrire des SMS sans fautes, participer aux jeux nécessitant lecture/écriture. Risque de mise à l’écart ou de moqueries, particulièrement à l’adolescence où l’écrit devient central dans les interactions sociales.
Forces et bénéfices
Créativité et pensée divergente
Habitués à contourner les difficultés, ils font preuve d’originalité dans la résolution de problèmes et développent une pensée out of the box précieuse dans de nombreux domaines.
Compétences visuo-spatiales
Beaucoup excellent dans les domaines nécessitant une vision globale : architecture, design, arts plastiques, ingénierie. Leur cerveau traite efficacement les informations en 3D.
Capacités de synthèse
Contraints de traiter l’information rapidement pour compenser leurs difficultés, ils développent souvent d’excellentes capacités d’analyse et de synthèse, allant directement à l’essentiel.
Empathie et résilience
Les difficultés rencontrées développent une grande empathie envers les autres en difficulté et une remarquable capacité de résilience face à l’adversité.
Talents spécifiques
De nombreuses personnalités DYS ont brillé dans leurs domaines : Albert Einstein, Richard Branson, Steven Spielberg ou encore Agatha Christie, prouvant que ces troubles ne limitent en rien le potentiel de réussite.
Faux !
« C’est un problème de paresse ou de manque de volonté » : FAUX ! Les troubles DYS sont d’origine neurobiologique : l’enfant ne fait pas exprès de mal lire ou écrire.
« Ça passera avec l’âge » : FAUX ! Les troubles DYS sont durables, mais une rééducation appropriée permet de développer des stratégies compensatoires efficaces.
« Tous les DYS sont hyperactifs » : FAUX ! Si certains cumulent plusieurs troubles, beaucoup sont des enfants calmes, voire inhibés.
« On ne peut pas être DYS et intelligent » : FAUX ! Les troubles DYS touchent des fonctions spécifiques sans affecter l’intelligence générale. Beaucoup ont un QI dans la moyenne ou supérieur.
« C’est une mode, une excuse moderne » : FAUX ! Les troubles DYS existent depuis toujours mais sont mieux identifiés grâce aux avancées en neurosciences.
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