Une étape riche en émotions pour toute la famille
Gérer les émotions de l’enfant et des parents à l’entrée en CP
L’entrée en CP est une étape majeure dans la vie d’un enfant : changement d’établissement, de maîtresse, nouveaux copains, début des devoirs, des notes, des relations plus exclusives entre copains…
Naturellement, cela génère un florilège d’émotions chez les enfants et chez les parents. Chacun peut ressentir des émotions désagréables telles que la peur, l’inquiétude, la tristesse, mais aussi des émotions plus positives telles que l’excitation, la joie, la curiosité… Et chacun est libre de vivre ses émotions pleinement, en les exprimant pour ne pas qu’elles s’impriment.
Mais au-delà de ces émotions personnelles, il y a un mécanisme fascinant de transmission d’émotions du parent vers l’enfant dont j’aimerais vous parler.
La contagion émotionnelle entre le parent et l’enfant
Les émotions des parents ont tendance à déborder sur leur enfant. Mon intention n’est pas de faire le procès des parents ; je fais moi aussi partie de la grande famille des parents anxieux sur les sujets qui touchent à mes enfants, et j’ai moi-même vécu cette situation avec l’entrée en CP de ma fille de 6 ans l’an dernier. Je souhaite seulement mettre en lumière la responsabilité qu’ont les parents dans les émotions et l’anxiété des enfants. L’enjeu est d’en prendre conscience pour limiter cette contagion émotionnelle sur l’enfant.
Le cerveau adulte étant bien plus développé que celui de l’enfant, l’adulte fait des ponts entre le réel et l’imaginaire, ce que l’enfant est incapable de faire, même à 6 ans, un âge qui peut paraître “grand”. Souvent, nous imaginons le pire : “ Et si il n’avait pas de copains ? “, “ Et si c’était le dernier de la classe ? “, “ Et si il était harcelé ? “… Nous pouvons continuer la liste à l’infini.
Nous, parents, imaginons un nombre incalculable de scénarios catastrophes. Mais pendant ce temps, notre enfant, lui, ne pense absolument pas à ces éventualités ! Il prépare ses habits pour le lendemain, et il se demande s’ il va pouvoir se coucher un peu plus tard le soir, maintenant qu’il rentre au CP !
Que faire de ces pensées négatives ?
Alors que faire de ces pensées négatives et incontrôlables ? Les ignorer ? Non ! Au contraire, il faut les affronter, les contempler, les observer. Je dis bien les observer et non se laisser entraîner. Il est important de réaliser que ces scénarios font monter notre niveau d’anxiété, mais surtout, qu’ils nous appartiennent à nous, et pas à notre enfant. C’est une prise de conscience cruciale !
Et ensuite ?
Il peut être intéressant d’utiliser ces scénarios catastrophes pour créer de la connexion avec son enfant. Comme toute émotion, cette anxiété a un message. Le message ici peut être : “ C’est un moment inconnu pour mon enfant, cela peut lui faire peur, je vais donc prendre du temps avec lui. “
Prendre un temps sans distraction (et donc sans écrans), au calme avec lui, avec l’intention de connecter, et non de corriger. Être là tout simplement, à l’écouter sans chercher à convaincre.
Un guide de connexion parent-enfant étape par étape
Voici un petit guide étape par étape pour ce moment de connexion :
1 – Affronter le sujet : “ Le CP c’est nouveau pour toi, la maîtresse, les copains, la salle de classe… Quand j’en parle là, maintenant, comment te sens-tu ? ”
2 – Écouter son enfant sans parler, sans rien dire : Se retenir si des mots ou phrases arrivent (très difficile, je sais!).
3 – Valider et normaliser : “ Je comprends, c’est normal, cela me rappelle la fois où je xxxxx ”. Donner un exemple personnel dans lequel nous avons ressenti cette émotion.
4 – Nommer l’émotion : “ C’est quelle émotion , à ton avis ? ”
5- Demander son besoin : “ De quoi aurais-tu besoin maintenant ? ”
6 – Répondre au besoin si c’est possible : Et si ce n’est pas possible, trouver une autre façon de répondre au besoin ensemble. Par exemple, faire un petit déjeuner spécial le jour de la rentrée, lui donner un objet magique pour le jour de la rentrée…
7 – Laisser la porte ouverte: “ Tu vois, dès que tu as besoin de parler de quelque chose qui te fait peur, qui te contrarie, tu peux venir me voir, ça fait du bien de faire ça ensemble non ? ”
Accueillir les émotions pour mieux grandir
Ce moment permet à l’enfant de vivre ses émotions sereinement, en se sentant validé et écouté. C’est très précieux pour lui. Le parent, lui, fait face à ses propres peurs : cela peut être une expérience difficile , mais elle aide réaliser que l’enfant n’a pas tous les scénarios catastrophes en tête.
Il s’agit aussi de lâcher le besoin de contrôle : ça y est, votre petit bout grandit ! Il y a du positif : il dort mieux, il s’habille tout seul, il porte son cartable… Mais, comme à chaque âge, il y a le revers de la médaille : il a moins besoin de vous, et préfère passer du temps en dehors de la maison, avec ses amis… Cela peut créer un sentiment d’abandon, qui réveille des blessures d’enfance chez la plupart d’entre nous, qui ont vécu cela dans notre propre enfance avec le rejet de nos parents. Mais cela n’a rien à voir avec notre enfant ! Lui est là, devant nous, sourire aux lèvres et cartable sur le dos et il dit : “ C’est bon maman/papa, on y va ? ”
À propos de Laurie Terrasa
Laurie Terrasa est éducatrice montessori, coach parentale, professeur de yoga pour enfant et fondatrice d’Happy Early, être heureux tôt dans la vie, une marque au service des enfants, parents et professionnels de l’éducation.
Site web : www.happy-early.com
Instagram : @happy.early.avec.laurie
Email : [email protected]
Tél : 06.23.27.59.32
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