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5 conseils pour éviter d’abandonner son ado dans les bois

Par Erika Seydoux, Coach, auteure et cofondatrice de IAMSTRONG

Évidemment ici il ne s’agit pas ici d’abandonner son ado dans les bois. Mais cette image dit tout de la fatigue, du découragement, voire du sentiment d’impuissance que peuvent ressentir les parents face à un adolescent en pleine tempête intérieure. L’adolescence, c’est cette période où tout bouge : le corps, les émotions, les repères, les relations… Et, souvent, le parent devient la première cible des turbulences. Entre les portes qui claquent, les silences méprisants, les couchers tardifs ou les notes qui plongent, il y a de quoi perdre patience… et parfois confiance en ses compétences parentales.

« Je ne sais plus quoi faire avec mon ado » : c’est la phrase que nous entendons le plus souvent dans nos consultations chez IAMSTRONG, la plateforme de coaching dédiée à la santé mentale des jeunes et de leurs familles. C’est aussi le titre du livre que nous avons écrit pour rappeler qu’il n’y a aucune fatalité : comprendre ce qui se joue à l’adolescence et adopter les bonnes stratégies de communication avec son ado permet réellement d’apaiser les relations et de préserver le lien. Alors, avant de filer vers la forêt, voici 5 conseils concrets et bienveillants pour vivre au mieux cette période.

1. Ne pas prendre les choses personnellement

À l’adolescence, votre enfant a besoin de se confronter à vous. C’est ainsi qu’il construit sa propre identité, en testant les limites, en s’opposant, en affirmant ce qu’il n’est pas encore tout à fait. C’est une étape normale, même si elle est parfois rude à vivre pour le parent.

Il en a aussi besoin parce qu’il traverse un véritable bouleversement émotionnel : des hormones en ébullition, une hypersensibilité, un besoin de reconnaissance qui se heurte à un monde souvent exigeant. Résultat : les émotions débordent, et il les décharge là où il se sent en sécurité… c’est-à-dire avec vous.

Comprendre cela aide à ne pas tout prendre contre soi. Non, il ne vous déteste pas vraiment. Il exprime, à sa manière maladroite, son besoin d’autonomie et son stress intérieur. Cela ne veut pas dire qu’il faut tout accepter ni que c’est facile d’être son punching-ball émotionnel, mais on supporte mieux ce qu’on comprend.

Et cela veut aussi dire qu’il faut prendre soin de vous pendant cette période. Autorisez-vous à souffler, à prendre du temps pour vous, à déléguer certains sujets qui créent trop de tension (les devoirs, les écrans, l’organisation du quotidien…). Parfois, un message passe mieux quand il ne vient pas directement de vous : un oncle, une grande sœur, un coach, un prof…

2. Rien ne se résout à chaud

À l’adolescence, la zone du cortex préfrontal, celle qui gère le raisonnement, la planification et l’inhibition, n’est pas encore totalement mature, alors que l’amygdale, siège des émotions, s’active à plein régime. Résultat : votre ado réagit avant de réfléchir. Il est donc normal que les disputes éclatent vite. Mais gardez en tête qu’aucune discussion ne se règle sous tension. Dans ces moments-là, mieux vaut arrêter la discussion et la reprendre plus tard :

« Je sens que le ton monte. On en reparle plus tard, quand on sera tous les deux plus calmes ».

Ce n’est pas fuir le conflit, c’est choisir le bon moment pour être entendu.

Prenons un exemple concret : votre ado rentre une heure plus tard que prévu. Réagir à chaud par un : « Tu n’es pas capable de respecter ce qu’on s’est dit, tu es privé de sortie ! » va surtout créer un mur entre vous – colère contre colère, sans apprentissage derrière. Et c’est pourtant bien ça que vous recherchez au fond : qu’il apprenne.

À la place, essayez calmement : « Je me suis inquiétée hier soir, tu es rentré plus tard que prévu. On en reparle demain ».

Le lendemain, posez des questions ouvertes :
« Qu’est-ce qui s’est passé ? »
« Qu’est-ce qu’on pourrait faire pour éviter que ça se reproduise ? »

Ce type d’échange aide votre ado à réfléchir à ses choix, à prendre ses responsabilités, et c’est bien cela que vous recherchez. C’est ce que nous montrons dans notre livre : la manière dont on aborde une conversation avec son ado peut tout changer.

3. Parler moins, écouter plus

Quand son ado va mal, le réflexe naturel du parent est souvent de conseiller ou de rassurer : « Mais non, tu n’es pas gros ! » ou « Ce n’est pas grave, tu vas t’en remettre ». Mais, ce faisant, on minimise sans le vouloir son ressenti. Il se sent incompris, voire jugé, et se ferme encore davantage.

Ce qui fonctionne c’est d’écouter vraiment. Écouter, ce n’est pas chercher tout de suite une solution, c’est avant tout laisser de la place. C’est poser des questions ouvertes ou reformuler ce qu’il exprime :

« Comment tu t’es senti dans cette situation ? »
« Qu’est-ce qui t’aiderait selon toi ? »
ou simplement : « Je comprends que ça te fasse de la peine. »

Cela permet à votre ado de parler davantage et de sentir qu’il est compris. Et cela marche même si vous n’êtes pas d’accord avec lui. Vous pouvez par exemple dire :
« Je comprends que tu aies envie d’un tatouage comme ton amie, mais je te partage mon point de vue… ».

Et si votre ado a du mal à se livrer, si le dialogue semble rompu, sachez que les conversations naissent souvent au détour d’un trajet en voiture, d’un dîner ou d’un moment partagé. Pas besoin de tout forcer : créez simplement les occasions.

4. Collaborer plutôt qu’imposer

Nous acceptons difficilement ce que nous n’avons pas choisi. À l’adolescence, où le besoin d’autonomie est fort, c’est encore plus vrai. Votre ado veut sentir qu’il a son mot à dire, qu’il peut agir plutôt que subir. Alors, faites-le participer à l’élaboration des règles du quotidien.

Plutôt que d’imposer des tâches ménagères, demandez-lui ce qu’il trouve juste que chacun fasse à la maison. Proposez-lui de choisir entre deux tâches, par exemple : mettre la table ou sortir le chien. Vous serez souvent surpris : lorsqu’il se sent partie prenante, il est bien plus enclin à coopérer, voire à en faire davantage.

De la même manière, plutôt que de décréter une heure de devoirs, construisez ensemble un emploi du temps. Discutez de ce qui lui semble faisable, des moments où il se concentre le mieux. Ce qui est imposé est rarement durable. Ce qui est co-construit l’est beaucoup plus.

Expliquer, écouter, ajuster : cela prend un peu plus de temps sur le moment, mais c’est un investissement précieux. Vous renforcez à la fois sa responsabilisation, son autonomie, et votre confiance mutuelle, les piliers d’une relation apaisée à l’adolescence.

5. Cultiver un état d’esprit curieux et positif

Oui, ce n’est pas tous les jours simple d’être parent d’ado. Avant tout, rassurez-vous : ces tensions, ces hauts et ces bas, existent dans toutes les familles. Vous n’êtes pas seul(e) : vous vivez simplement une période de transformation, pour lui comme pour vous.

Pour la traverser plus sereinement, gardez des moments de plaisir partagé, loin des sujets du quotidien. Une soirée home cinema, une sortie, un dîner sans parler école ni écrans : ces instants de légèreté nourrissent le lien, rappellent que vous êtes d’abord un parent aimant avant d’être une figure d’autorité.

Essayez aussi de vous intéresser à son univers : à ce qu’il regarde, écoute, ou lit. Cela ne veut pas dire tout valider, mais montrer de la curiosité. Ces conversations anodines peuvent devenir de véritables ponts entre vos mondes, et vous serez souvent surpris d’y trouver des points communs.

Et surtout, n’oubliez pas de prendre soin de vous. Un parent épuisé ou découragé ne peut pas accompagner sereinement. Sortez, riez, voyez vos amis, rechargez vos batteries. Si le dialogue reste tendu ou bloqué, se faire accompagner – par un coach ou un psychologue – n’est pas un aveu de faiblesse, mais un acte de lucidité et de courage. Il suffit souvent de peu pour débloquer des situations et redonner de l’air à toute la famille.

Bon courage et haut les cœurs, si vous lisez cet article, c’est que vous faites déjà de votre mieux et c’est beaucoup !

Mini-Bio

Erika Seydoux est coach certifiée et cofondatrice d’IAMSTRONG, la première plateforme de coaching dédiée au bien-être et à la santé mentale des jeunes et de leurs familles. Ancienne cadre chez L’Oréal, elle s’est formée à la Haute École de Coaching après avoir constaté les bienfaits du coaching en entreprise. Elle est également co-autrice de Je ne sais plus quoi faire avec mon ado, paru aux Éditions Marabout.

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